Louange à Allah, l’Unique.
Paix et salut sur notre Maître, le Messager d’Allah, le Conquérant et le Sceau, le Défenseur (du vrai par le vrai), le Guide, ainsi que sur sa Famille et ses Compagnons, à sa juste mesure et sa grandeur immense.
La Mashyakha de la Tijâniyya suit, avec une attention et un intérêt tout particulier, les répercussions des récents événements liés à la finale de la Coupe d’Afrique des Nations, qui ont donné lieu à certaines tensions et à des échanges passagers sur les réseaux sociaux et dans certains milieux.
Ces faits ne sauraient, en aucune manière, refléter la profondeur des liens qui unissent les deux peuples frères au Maroc et au Sénégal.
En conséquence, la Mashyakha, guidée par sa responsabilité spirituelle et éthique, tient à réaffirmer les points suivants :
Premièrement : le caractère sacré des liens spirituels et de la parenté commune
Ce qui unit le Royaume du Maroc à la République du Sénégal va bien au-delà des considérations géographiques et des intérêts politiques circonstanciels : il s’agit d’un lien spirituel profond, d’une unité de croyance, et de liens de proximité et de parenté, consolidés au fil des siècles. En vérité, nous formons un même peuple, établi dans deux pays, unis par une même conscience, façonnée par l’amour en Dieu et pour Dieu ; un amour qu’aucun événement sportif, quelle qu’en soit l’intensité, ne saurait affaiblir ni troubler.
Deuxièmement : l’héritage des pieux prédécesseurs
En cette circonstance, nous nous remémorons la voie lumineuse tracée par nos pieux prédécesseurs et par les éminents savants qui ont édifié les fondements de la fraternité entre les deux pays. Nous tirons inspiration et sagesse de la vie des gnostiques de Dieu, liés au Maroc — Roi et peuple — et, au premier rang d’entre eux :
• El-Hadj ‘Umar al-Fûtî — que Dieu l’agrée ;
• El-Hadj Mâlik Sy — que Dieu l’agrée ;
• Cheikh Ibrâhîm Niasse — que Dieu l’agrée ;
Ainsi que d’autres maîtres spirituels qui ont fait des zâwiyas tijânies des ponts de communication et de coopération féconde, des phares de science et de piété, reliant Fès à Dakar et à l’ensemble des régions du Sénégal par un lien indissoluble.
Troisièmement : mise en garde contre les artisans de la discorde
La Mashyakha de la Tijâniyya appelle l’ensemble des disciples, des sympathisants, ainsi que les deux peuples frères, à faire preuve de vigilance et de sagesse, et à ne pas se laisser entraîner par les artisans de la discorde, de l’extrémisme et de la violence, qui cherchent à exploiter les compétitions sportives pour semer la division et empoisonner les relations.
La fraternité qui nous unit dans la foi nous impose la tolérance, le dépassement des écarts et des faux pas, et la primauté du langage de la raison sur celui de l’emportement et du fanatisme.
Au regard de ce qui précède, nous appelons à dépasser ce nuage passager et à poursuivre la marche de la coopération et de la solidarité dans tous les domaines. Le Maroc et le Sénégal demeureront — comme ils l’ont toujours été — un modèle à suivre de fraternité africaine sincère, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, et de son frère le Président Bassirou Diomaye Faye.
«Les croyants ne sont que des frères: réconciliez donc vos deux frères, et craignez Dieu, afin qu’il vous soit fait miséricorde.»
Que Dieu préserve le Maroc et le Sénégal, et qu’Il leur accorde durablement les bienfaits de la sécurité, de la quiétude, de l’affection et de l’amour.
Mohammed Al-Kabîr Sidi Ahmed At-Tijânî Cheikh Zawiya tidjaniya




